retour imprimer © Lettre du pS-Eau 54 de Jun 2007

Coopération Haute-Matsiatra et Grand-Lyon

Renforcer les acteurs locaux pour une gestion pérenne de la ressource en eau et des équipements


En 2005, la coopération Haute-Matsiatra et Grand-Lyon a concerné 16 quartiers sur les 52 de la commune urbaine de Fianarantsoa. Elle a permis l'aménagement de :
• 7 lavoirs publics ;
• 12 bornes-fontaines ;
• 1 WC/douche ;
• 1 captage pour un village périphérique.
© GrandLyon

Le Grand-Lyon(1) s'est engagé dans des actions de coopération à Madagascar pour faciliter l'accès à l'eau potable et à l'assainissement aux populations. Depuis 2002, le Fonds de solidarité et de développement durable pour l'eau (voir p. 5) participe au financement d'infrastructures locales (bornes-fontaines, forages, lavoirs) dans les régions de Fianarantsoa et de Mahajunga. Cependant, construire ne suffit pas. Grand-Lyon a décidé d'apporter un appui institutionnel afin de pérenniser les projets de construction par la formation de comités de gestion et le renforcement des capacités des communes.

En 2004 le taux d'accès de la population malgache à l'eau était de 27% au niveau national mais ce taux était seulement de 12 % en milieu rural. Malgré les efforts conjoints du gouvernement, de bailleurs de fond, de nombreuses ONG et d'acteurs de la coopération décentralisée, la situation en milieu rural à Madagascar est l'une des plus préoccupantes au monde. Pour assurer la pérennité de l'accès à l'eau et à l'assainissement, il est nécessaire de développer une organisation permettant une gestion efficace du service de l'eau potable et de l'assainissement.

En accord avec ce constat, Richard Rabemanana, directeur du développement régional de la Haute-Matsiatra rappelait, lors de sa première mission en France en mai 2007 : « On a peu parlé de l'eau dans le passé. Il existait seulement des comités de l'eau mis en place dans quelques communautés rurales. Nous avons commencé à rencontrer des problèmes de manque d'eau. A partir de là, il est apparu indispensable de mobiliser tous les acteurs pour avoir une vision plus claire de la gestion de notre ressource eau, que nous pensions inépuisable. Aujourd'hui, nous rencontrons d'importants besoins en techniciens spécialisés et de compétences sur le métier de l'eau. »

Dans cette optique, l'État malgache s'est engagé dans une réforme de la gestion de l'eau, portant sur deux axes majeurs :
• la gestion intégrée de la ressource en eau et de ses différents usages au niveau des bassins versants (création de comités de bassin);
• la décentralisation, en confiant aux collectivités locales (communes rurales et urbaines, et régions) la responsabilité du service public de l'eau.

C'est cette réforme qu'accompagne le projet Amélioration de la gestion intégrée des ressources en eau dans la Haute-Matsiatra (AGIRE Haute-Matsiatra), mis en place depuis novembre 2006. Ce projet a en effet pour ambition de mettre en application à une échelle locale, la région de la Haute-Matsiatra, les orientations nationales fixées par l'État malgache en matière de gestion de l'eau et de l'assainissement. C'est dans la recherche de solutions appropriées à cette région que le Grand-Lyon accompagne les acteurs locaux malgaches, en partageant son savoir-faire et ses expériences.
Pour Philippe Prudhomme, directeur adjoint de la direction de l'eau du Grand-Lyon : «Le point important de cette coopération est qu'il permet un échange fort entre des hommes et des femmes. Les Malgaches nous ont accueillis chez eux, et nous les avons accueillis à notre tour. Lors de leur séjour, nous avons pu leur présenter notre modèle de gestion, qui pourra leur donner des idées. Par ailleurs, nous avons été interpellés sur les différences de consommation entre Madagascar et la France, et par exemple, nous avons appris beaucoup des comités de gestion mis en place à Madagascar, qui représentent une solution efficace pour la gestion de l'eau. »


Les agences de l'eau, un rôle prépondérant
Le Grand-Lyon et la région Haute-Matsiatra ont mobilisé un certain nombre de ressources et de partenaires pour rendre leur coopération plus riche et efficace. Le projet AGIRE Haute-Matsiatra repose sur un partenariat entre le Grand-Lyon, la région Haute-Matsiatra, le bureau d'études Burgeap et l'université Lyon 1. Il associe étroitement la commune urbaine de Fianarantsoa et quatre communes rurales et urbaines pilotes ainsi que l'Association des populations des montagnes du monde. Il est financé par le Fonds européen de développement dans le cadre du programme Facilité ACP-UE pour l'Eau – actions dans les pays ACP.

Lors de la dernière venue d'une délégation malgache, le Grand-Lyon a organisé un rapprochement entre l'agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse et celle de la région Haute-Matsiatra (ANDEA). Une nouvelle rencontre est prévue prochainement à Madagascar pour définir des possibilités de partenariat entre agences.
Ramananjaona Naivonirina, chef de bassin de l'agence Centre Sud de l'ANDEA (Agence nationale de l'eau et de l'assainissement), membre de la dernière mission en France, émet de nouvelles attentes : « C'est intéressant de voir comment sont mises en place les agences de l'eau en France car à Madagascar, la création d'agences de l'eau est très récente. Pour le moment, nous avons mis en place uniquement deux agences qui ne sont effectives que depuis 2006. Cela vient du fait que nous avons pris conscience récemment de l'importance d'une bonne gestion de l'eau ».

Trois volets pour un projet
La coopération portera sur trois volets :

1. L'amélioration de la gestion de l'eau dans la région de la Haute-Matsiatra : vers une gestion intégrée de la ressource en eau. Le bureau d'études Burgeap partage avec la région Haute-Matsiatra et les institutions concernées son savoir-faire pour amener les partenaires malgaches à réaliser leur schéma directeur d'aménagement et de gestion intégrée de la ressource en eau. Pour cela, le Burgeap a réalisé un état des lieux hydro-géographique de la région.

2. Le renforcement des capacités des acteurs publics locaux de l'eau (communes urbaines, communes rurales pilotes et région). Le Grand-Lyon organise des échanges d'expériences et de savoir-faire avec les collectivités locales de la région. L'ambition est de permettre à ses homologues malgaches de mettre en place un service public local de l'eau et de l'assainissement en définissant un programme réaliste : objectifs du service, investissements et coûts de fonctionnement, moyens nécessaires et calendrier de réalisation.

3. La création d'un pôle régional de compétences dans le secteur de l'eau. Le développement d'un pôle régional de compétences eau reposera essentiellement sur la mise en réseau des différents acteurs régionaux de l'eau et sur le développement d'activités universitaires dans le secteur de l'eau (coopération entre l'université de Fianarantsoa et l'université Lyon I). Le premier objectif est de mettre en place des formations continues s'adressant aux personnels des collectivités de la région et leur permettre d'être rapidement opérationnels dans leurs nouvelles missions concernant l'eau et l'assainissement.


Une organisation au plus proche du terrain
Grand-Lyon, la région de la Haute-Matsiatra et le Burgeap ont décidé ensemble une organisation à deux niveaux, pour être au plus proche du terrain : un niveau technique et un niveau de pilotage. Pour le premier niveau, chaque institution a mis à disposition un chef de mission, qui joue le rôle de relais et de suivi de terrain avec ses homologues et partenaires respectifs. A un autre niveau, le projet de coopération est piloté par les responsables et élus de chaque institution, qui se rencontrent régulièrement pour définir les orientations générales.
Dans un premier temps, un état des lieux des institutions qui travaillaient sur le thème de l'eau a été réalisé. Il a permis de souligner que beaucoup de projets d'eau potable (captages, fontaines…) ne fonctionnaient plus au bout d'un certain temps car il n'y avait pas eu assez de travail sur la gestion des infrastructures (comité, surveillance, maintenance et facturation).
A partir de ce constat, Grand-Lyon a décidé d'apporter un appui institutionnel afin de pérenniser les projets de construction par la formation de comités de gestion et le renforcement des capacités des communes. L'idée est que tout ce qui se fait réponde à un besoin réel et fonctionne de manière durable.

Un plan d'action pour la commune
Un diagnostic complet a été réalisé (plan réglementaire, état des lieux de la ressource, des infrastructures et des organisations existantes, des instances de bassin). Il a permis à la Région de définir un plan d'action eau et assainissement sur 6 communes et 1 bassin versant pilotes sélectionnés pour la gestion intégrée de l'eau ; 2 missions d'échange d'expériences et d'expertises sont prévues, une à Madagascar et une en France ainsi que la mise en place du comité de bassin de Fianarantsoa.



Budget global du projet
La coopération se déroulera sur trois années pour un budget d'environ 1 200 000 € financé à 75 % par l'Union européenne, dans le cadre de la Facilité-Eau. Les 25 % restants sont apportés par le Grand-Lyon et la région Haute-Matsiatra.
Facilité UE-FED   900 000 €
Région de la Haute-Matsiatra  90 000 €
Grand-Lyon    210 000 €
Total      1 200 000 €


Contacts.
• Région de la Haute-Matsiatra matsiatra@wanadoo.mg richard_ddrhm@mel.wanadoo.mg
• Grand-Lyon vdussaux@grandlyon.org, amelie.codron@gmail.com
• Burgeap international@burgeap.fr
• ANDEA (Agence de bassin Centre Sud) : andeafnr@mel.wanadoo.mg


Rémi Gatineau & Amélie Codron

ANDEA Centre Sud - Fianarantsoa - Madagascar
BURGEAP - Issy les moulineaux - France
Grand Lyon - Lyon - France
Grand Lyon / Projet EAURIZON - Fianarantsoa - Madagascar
Région Haute-Matsiatra - Fianarantsoa - Madagascar
 
 

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