retour imprimer © Lettre du pS-Eau 96 de Jan 2026

À Madagascar: Des entreprises françaises mobilisées pour l’amélioration des performances des réseaux d’eau potable

De 2020 à 2022, un groupement de deux entreprises françaises, Hydroconseil et Ax’eau, est venu apporter son expertise pour renforcer la capacité de la JIRAMA et mettre en oeuvre un programme pilote de réduction des pertes et d’amélioration des performances du réseau d’eau potable. Exemple de mobilisation du Fasep.

À l’instar de nombreuses villes secondaires malgaches, la population de la ville de Tamatave souffre d’un déficit chronique d’alimentation en eau potable et seulement 20 % de la population bénéficie d’une connexion privée à domicile. Alors qu’une quantité importante de l’eau produite n’est pas facturée en raison de pertes techniques ou commerciales, la JIRAMA, compagnie nationale d’eau et d’électricité, peine à améliorer la qualité du service public de l’eau et à étendre la couverture de son réseau aux zones péri-urbaines.

Tamatave, ou Toamasina en malgache, seconde ville de Madagascar par sa population et poumon économique du pays, souffre d’un manque d’infrastructures de base et de services publics essentiels comme l’eau potable et l’assainissement. La construction du réseau d’eau potable de la ville remonte aux années 1930. Il répondait à la nécessité de desservir la population du centre-ville historique et d’alimenter le port de Tamatave en eau potable. L’exploitation du réseau était alors assurée par la Société d’Électricité et Eau de Madagascar (SEEM) par convention de concession du 29 mars 1929 (Rajaonak 2004).

La JIRAMA est créée en 1975. Société anonyme de droit commun, elle est responsable de l’accès à l’eau et à l’électricité en zone urbaine, à l’échelle nationale. Dès lors, la JIRAMA produit, transporte et distribue l’eau potable auprès de 194 000 abonnés répartis dans 65 centres urbains (JIRAMA, 2019).

Un réseau vieillissant qui peine à répondre à la demande actuelle

Depuis sa création, le réseau de Tamatave a connu différentes transformations et extensions, pour répondre à la demande croissante de la population. Au début des années 2000, la ville comptait environ deux fois moins d’habitants qu’à ce jour. Les opportunités économiques ont attiré de nombreuses personnes des quatre coins du pays et d’après les projections démographiques, cette urbanisation galopante devrait continuer dans les années à venir ; les projets d’extension et de modernisation du port et les activités d’extraction minière soutenant cette tendance.

Dans la Communauté Urbaine de Tamatave (CUT), certaines zones sont surpeuplées et les infrastructures de bases d’approvisionnement en eau potable sont notoirement manquantes. L’insuffisance des infrastructures n’affecte pas seulement la qualité de vie de la population ; elle empêche également le développement des secteurs économiques, décourageant les investissements dans l’agglomération. Les inégalités d’accès à l’eau entre les différents quartiers de la ville, déjà présentes à la genèse du réseau, n’ont finalement fait qu’augmenter avec la croissance démographique et l’extension des quartiers péri-urbains. Le cercle vicieux des eaux non facturées Le terme d’Eau Non Facturée, ou « NRW » pour « Non Revenue Water » dans la typologie internationale, permet de désigner les eaux produites mais non facturées ou non comptabilisées par un opérateur. On parle aussi de pertes techniques et commerciales afin de dissocier les pertes physiques (fuites ou ruptures de canalisation par exemple) des pertes dites commerciales (non facturation). Le diagnostic mis en oeuvre à Tamatave met en évidence que près de 40 % de l’eau produite par la Jirama ne serait pas facturée, un taux courant à Madagascar. La moitié de ces pertes serait d’origine commerciales : eaux non comptabilisées du fait de bypass de compteurs ou de piquages illégaux, compteurs non relevés ou non fonctionnels, factures impayées.

Ce phénomène peut s’expliquer par différents facteurs : méconnaissance du réseau, mauvaise utilisation des données, gestion inefficace des pressions du système de distribution, infrastructures vétustes, fuites, vols d’eau, manque de personnel pour effectuer la relève ou dysfonctionnement des compteurs. Par ailleurs, la JIRAMA affiche une situation financière très fragile et un déficit structurel depuis plusieurs années. Alors même que sa capacité de production d’eau potable est inférieure à la demande croissante, une partie conséquente de l’eau produite est perdue à travers les pertes physiques et commerciales. Ces pertes viennent nourrir ce déficit puisqu’il s’agit d’eau produite mais qui n’engendre pas de revenu. Les NRW contribuent donc à creuser le déficit déjà existant de la JIRAMA, en plus de dilapider la ressource en eau. Dans ce contexte, la qualité du service est dégradée et les coupures d’eau sont fréquentes, contraignant les usagers à s’approvisionner à d’autres sources, souvent non améliorées, non potables ou beaucoup plus chères.

Un groupement aux expertises complémentaires

Conscients de cette problématique, Hydroconseil (bureau d’études expert en gestion des services d’eau) et Ax’eau (expert de la réduction des pertes physiques) ont décidé d’unir leurs compétences pour proposer une approche globale de réduction des NRW et d’amélioration des performances des réseaux d’eau potable des villes secondaires de Madagascar.

Forts de la complémentarité de leurs expertises, le groupement a sollicité un financement de 615 000 euros auprès de la Direction Générale du Trésor (DG Trésor) à travers le Fonds d’études et d’aide au secteur privé (FASEP) pour mettre en place ce projet.

Un club de suivi de 13 entreprises oeuvrant dans le secteur de l’eau potable française a été constitué pour le projet à Tamatave. Il réunissait des entreprises de travaux publics, des bureaux d’étude, des startups spécialisées dans les technologies innovantes de comptage intelligent, ainsi que des fournisseurs de matériels d’hydrométrie potentiellement intéressés par les retombées commerciales du projet.

Entre décembre 2019 et novembre 2021, nos équipes ont travaillé en étroite collaboration avec les équipes de la JIRAMA et du Service économique (SE) de l’Ambassade de France à Madagascar. Le financement FASEP a permis d’assurer tous les frais liés à la mobilisation des experts, ainsi que l’achat d’équipements de détection de fuites ; matériels remis à la JIRAMA après formation à leur utilisation. Le projet prévoyait également une contrepartie locale (mobilisation de personnel, mise à disposition de véhicules sur site, logistique des formations) mobilisée par la JIRAMA.

Le transfert de compétences au coeur de la démarche

Coconstruit avec Hydroconseil, Ax’Eau et la JIRAMA le projet constitue un pilote pour aborder la problématique des pertes en eaux dans les villes secondaires de Madagascar. Tourné vers l’action et l’appui aux politiques publiques d’accès aux services essentiels, l’objectif du projet a été double :
• Développer les compétences de la JIRAMA et son autonomie sur la réduction des NRW
• Sortir du cercle vicieux de la mauvaise gestion patrimoniale des réseaux pour entrer dans un cercle vertueux où les recettes générées par l’amélioration du service permettront d’entreprendre des investissements à court et long terme (réhabilitation et gestion patrimoniale, extensions de réseau, modernisation du service).

Le programme mis en oeuvre s’est structuré en trois volets :
• Dresser un bilan des performances techniques et commerciales de la gestion et des réseaux d’eau de la JIRAMA à Tamatave et proposer un plan d’action à court terme pour améliorer ces performances.
• Analyser et renforcer les compétences de la JIRAMA en matière de diagnostic et de réduction des pertes en eaux, tant sur le plan technique que commercial. Ce volet intègre notamment des activités de formation, de structuration et de développement d’outils de pilotage pour les agents et les décideurs de la JIRAMA.
• Accompagner le lancement du plan d’action à court terme et l’élaboration des plans à moyen et long terme par les services renforcés de l’opérateur.

La JIRAMA de Tamatave dispose désormais d’un diagnostic détaillé

Sur le plan technique, le diagnostic détaillé aura permis d’évaluer l’origine des pertes d’eau, d’en évaluer les causes et de définir différents indicateurs de performance du système. Parmi les causes à l’origine des problèmes observés et reportés par l’opérateur, on peut bien sûr citer la vétusté du réseau, dont plus de la moitié des conduites auraient dépassé leur durée de vie, et qui est à l’origine d’une partie significative des pertes enregistrées.
Le diagnostic a également mis en évidence des lacunes en matière de connaissance patrimoniale, de comptage, de gestion des pressions, ainsi que des problèmes structurels au droit d’ouvrages clefs tels que les conduites d’adduction.

Sur le plan de la gestion commerciale, de nombreux dysfonctionnements ont été mis en évidence : manque de capacité et d’effectif des équipes de releveurs, nombreuses erreurs de saisies et de référencement des abonnés dans la base client, déficit de compétences et de matériel informatique au sein du département commercial, manque de méthode pour les opérations de ratissage. La lourdeur des procédures et le cout élevé du raccordement constituent des goulets d’étranglement freinant l’accès au service pour les ménages.

Les enquêtes menées auprès des usagers ont également permis d’apprécier leur perception de la qualité de service. Les usagers ont eu l’occasion de témoigner d’interruptions de service fréquentes, d’une mauvaise qualité de l’eau – souvent de couleur brunâtre, de niveaux de pression insuffisants, etc. Autant de raisons pouvant encourager le recours à des alternatives d’approvisionnement, voire à des pratiques frauduleuses comme les connexions illégales ou le vol d’eau.

Le diagnostic organisationnel aura quant à lui permis d’identifier une organisation des services « en silos » où chaque service travaille de manière isolée sans coordination et partage d’information avec les autres services.

Agir à 360° en faveur de la réduction des NRW à Tamatave

Pour réduire les pertes physiques et optimiser la distribution d’eau potable, il est essentiel de prendre en compte l’ensemble des facteurs à l’origine des dysfonctionnements observés. C’est pourquoi, grâce aux enseignements du diagnostic, un programme d’actions complet a été établi, pour agir sur l’ensemble des problèmes. Un plan d’action à court, moyen et long terme à la fois pragmatique, ambitieux et cohérent a été imaginé avec les agents de la JIRAMA de Tamatave.

Ce dernier s’appuie sur les piliers d’actions suivants :
• Sur le volet technique : amélioration de la connaissance et de la gestion du patrimoine, gestion efficace des pressions dans le réseau, renforcement des capacités de détection des fuites et amélioration de l’efficacité du service d’entretien et de maintenance (réactivité, qualité).
• Sur le volet commercial : régularisation et la caractérisation des abonnés, fluidification des procédures de raccordement et de remplacement de compteurs, renforcement et modernisation des systèmes de relève, renforcement du service contrôle.
• Sur le volet organisationnel : Amélioration de la gestion de l’information en interne (données clients, anomalies compteurs), Renforcement des compétences et amélioration de la coordination avec les services de la Commune urbaine de Tamatave (CUT) et la Direction régionale de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène (DREAH).

Au cours des 8 derniers mois du projet, le groupement a accompagné la JIRAMA dans les premières activités du plan d’action : formation et montée en compétences des équipes, initiation à la recherche de fuites dans les zones d’intervention prioritaires, recherche ciblée sur les ouvrages problématiques, réhabilitation de la principale station de pompage et sécurisation de la production, cartographie des abonnés et du parc de compteurs, analyse de la faisabilité et de l’acceptabilité par les usagers des différentes solutions de comptage intelligent (auto relève, radiorelève, télérelève) ou de prépaiement.

Maintenir l’effort pour que le programme devienne réalité

Pour transformer l’essai dans la durée, Hydroconseil et Ax’eau ont préparé 4 termes de référence pour les projets prioritaires prévus dans le cadre du plan d’action à moyen terme. Ces termes de référence constitueront la pièce maitresse des dossiers de consultation des entreprises qui permettront de sélectionner des prestataires chargés de la mise en oeuvre du plan d’action à moyen terme. Ce programme d’activités s’inscrit dans une articulation temporelle cohérente et dans la perspective de travaux conséquents et progressifs de renouvellement des conduites vétustes du réseau de distribution et de réhabilitation et modernisation du parc de compteurs.

En parallèle, différents bailleurs de fonds ont été approchés pour éveiller leur intérêt et envisager l’établissement d’une convention de financement avec le Ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène (MEAH). Ce travail d’élaboration des dossiers de consultation d’entreprises (DCE) et de recherche de financement est aujourd’hui poursuivi et porté par le MEAH et la JIRAMA, afin que ce plan d’action puisse devenir réalité.

Retombées potentielles du projet

L’horizon post-projet prévoit l’intervention d’entreprises internationales et locales pour apporter leur savoir-faire et leur compétence à la réduction des NRW. Des perspectives s’offrent pour ces acteurs économiques en termes d’investissements (qui sont inscrits dans les plans d’action du projet) et de possibles réplications de ce projet à d’autres régions et villes secondaires.

Aujourd’hui, de nombreuses actions pour l’amélioration des performances techniques et commerciales du réseau d’eau potable de la ville de Tamatave peuvent être engagées, en s’appuyant sur les conclusions du diagnostic et sur la compétence renforcée de la JIRAMA : traçage du réseau, campagne de recherche de fuites curative et systématique, réhabilitation/renouvellement ciblé de canalisations, sectorisation, modulation de pressions, amélioration du comptage, développement d’un Système d’Information géographique (SIG) pour la gestion du patrimoine, radio relève, déploiement de compteurs prépayés, campagne d’information, d’éducation et de communication (IEC) auprès des usagers.

Quelles recommandations et leçons à retenir du projet

L’originalité de ce projet a résidé dans le fait que le bénéficiaire, la JIRAMA, a été partie prenante depuis la conception jusqu’à la réalisation du projet. Parmi les évolutions qu’a connues le plan de travail au cours de son exécution, on peut noter l’élargissement du prisme d’actions initial à la « performance réseau » au sens large.

En effet, le projet initial avait pour vocation (déjà ambitieuse) de réduire les pertes physiques et commerciales du réseau de la JIRAMA. Certes le diagnostic mis en oeuvre a bien confirmé qu’une partie importante de l’eau produite était perdue via les fuites et par défaut de rigueur commerciale ; toutefois, le diagnostic a également mis en évidence la nécessité de traiter plusieurs problèmes connexes parmi lesquels :
• La vétusté de la station de potabilisation, dont la réhabilitation permettrait de préserver une quantité d’eau importante d’eau perdue en raison de l’inefficacité du traitement, tout en améliorant la qualité de l’eau distribuée,
• L’amélioration nécessaire de la connaissance patrimoniale et des systèmes d’information géographique,
• Le manque de planification et de concertation avec les services en charge de l’urbanisme et du développement du territoire. Ces éléments ont donc été intégrés dans le plan d’action à moyen et long terme.

Il est normal que les actions quotidiennes d’exploitation de la JIRAMA aient parfois pu, à certaines périodes, prendre la priorité sur l’exécution des actions prévues dans le cadre du plan d’action d’un projet dont la majorité des résultats ne seront perceptibles qu’à moyen à long terme. On peut toutefois souligner l’intérêt et la forte mobilisation des agents de la JIRAMA pour le projet. La mobilisation de personnes-ressources et référentes au sein de l’équipe de projet constitue clairement une clef de succès de ce projet, à répliquer à l’avenir.

Enfin, parmi les enseignements du projet, on peut mentionner :
• La nécessité de mettre en place un circuit d’approvisionnement via des distributeurs locaux : le projet aura fait l’expérience des lourdeurs administratives et délais notables associés à l’importation de matériel.
• La nécessité d’intégrer une démarche concertée et coordonnée avec les services chargés de la réfection des voiries. Comme dans de nombreux pays, on constate à Madagascar le cercle vicieux suivant : la JIRAMA, lorsqu’elle intervient sur ses réseaux, a la charge de la remise en état de la voirie après intervention. Par manque de capacités ou ressources, ces travaux sont souvent mal ou non exécutés (lorsqu’ils ne découragent pas l’opérateur d’intervenir). Or, une route en mauvais état peut être à l’origine de la dégradation des réseaux enterrés ; inversement, la présence de fuites peut accélérer la dégradation des voiries. On est donc face à un cercle vicieux qui ne pourra être inversé qu’en mettant en commun et coordonnant les actions des parties prenantes au niveau municipal. Cette recommandation, également nécessaire pour la planification à long terme, a été formulée dans le cadre de l’étude.
• La nécessité de prendre en compte aussi l’assainissement dans le cadre de projets sur les NRW : à Tamatave comme dans de nombreuses villes du pays, le manque d’infrastructures de base est à l’origine de graves problèmes sanitaires. Il a été recommandé d’élargir la réflexion aux problématiques liées à l’assainissement, de faire en sorte que le schéma directeur lancé dans le cadre du plan d’action permette de couvrir les deux thématiques.


Le dispositif FASEP : un levier pour exporter l’expertise française
Destiné à tous types d’entreprises et prioritairement les PME, le FASEP ou Don du Trésor, est un dispositif de subvention porté par le Ministère de l’Économie et des Finances français. Il vise à financer des études de faisabilité, de l’assistance à maitrise d’ouvrage ou la démonstration de technologies vertes et innovantes. Sa vocation est double : soutenir l’internationalisation des entreprises françaises et aider au développement des pays bénéficiaires.

L’aide du Trésor prend la forme d’un don en nature au bénéficiaire local, à travers les rapports d’études ou grâce au transfert de propriété du démonstrateur de technologie française. Le prestataire français est directement payé par un organisme gestionnaire (Natixis – Direction des Activités institutionnelles) agissant pour le compte de l’État français.

Les projets financés par le FASEP doivent respecter une exigence de 85 % de part française (part de la prestation réalisée par des emplois situés en France). Ceci implique que l’enveloppe accordée peut couvrir une part locale (en expertise ou fourniture), dans la limite de 15 % du financement global.

Le dispositif prévoit la mobilisation d’un groupe d’entreprises françaises, le « club FASEP », chargé du suivi du projet dès son démarrage. Ce club a pour but de regrouper des entités pouvant être intéressées par les retombées du projet afin qu’elles puissent en recueillir les conclusions et nouer des relations avec le tissu économique local.

Pour aller plus loin
www.tresor.economie.gouv.fr/services-auxentreprises/le-fasep
www.jirama.mg
projets.hydroconseil.com/fasep
www.youtube.com/watch?v=Q2JGM2jz7bM


B. Valfrey
Email:
valfrey@hydroconseil.com

T. Baccherini
Email: baccherini@ax-eau.com

N. Seignour
Email: nicolas.seignour@ax-eau.com

Ax'eau - Châteaurenard - France
CU Toamasina - Toamasina - Madagascar
DREAH Atsinanana - Toamasina - Madagascar
Hydroconseil - Avignon - France
JIRAMA - Antananarivo - Madagascar
MEAH - Antananarivo - Madagascar
 
 

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