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When it comes to water access we keep doing the same thing. And failing



En terme d'accès à l'eau on fait toujours la même chose. Et on échoue article de presse Apr 2017 ; 1 pages ,
Aut. Ajay Paul
Ed. The Guardian - London
Téléchargeable chez l'éditeur
Article:
En terme d’accès à l’eau on fait toujours la même chose. Et on échoue
Cela fait des années qu’on installe des pompes manuelles partout à travers le monde, dans un effort désespéré de fournir de l’eau à ceux qui n’en ont pas. Et dans une certaine mesure, on a réussi; 1,6 milliard de personnes ont eu pour la première fois accès à de l’eau potable entre people 2000 et 2015 [pdf].
Mais derrière cette statistique, la réalité est la suivante: trop de services d’eau et d’assainissement dans les pays en développement ne sont pas fiables, ne répondent pas aux normes et ont besoin de réparations majeures dans les trois à cinq ans qui suivent leur construction.
Ma confession: la façon dont je travaille fait partie du problème.
Je fais toujours la même chose; j’installe une nouvelle pompe ou j’en répare une de cassée, et je forme les gens qui s’en servent. Je leur donne un nom formel– “comité des usagers de l’eau”, ou quelque chose dans le genre– et je m’attends à ce qu’ils gèrent la pompe sans plus d’assistance. Le résultat sans faille est que la pompe arrête de fonctionner, mais je continue à répéter les mêmes actions et à espérer un autre résultat.
Pour être honnête envers moi-même, cette approche a le mérite de fonctionner parfois; peut-être lorsque quelqu’un de dynamique est à la tête du comité. Dans ce cas-là, on met ce projet dans un beau rapport et on en fait la promotion en tant que ‘success story’, ce qui nous aide ensuite à lever plus de fonds.
Mais la plupart du temps, la pompe arrête de fonctionner au bout de quelques années ; à ce moment j’aurai déjà quitté le projet et déménagé dans un autre pays. Une autre ONG ou un autre directeur de projet reprendra la tâche où je l’ai laissée, et le cycle continue.
A chaque fois que nous répétons ce cycle, nous pensons de manière optimiste que notre réponse va fonctionner. Nous attribuons la panne de manière erronée aux politiques du gouvernement, à la corruption des agents locaux, ou à un manque de gestion de la part du comité des usagers de l’eau.
Par conséquence, nous nous mettons en opposition au gouvernement, nous ignorons leurs stratégies et nous ne travaillons pas avec les fonctionnaires locaux. Nous gérons nos projets en parallèle des leurs, et nous ne faisons pas de lien avec eux ou avec les plans de développement locaux. Quand le projet est fini, nous passons la gestion de la pompe au comité des usagers de l’eau et nous nous en allons. Mais comme nous n’avons pas travaillé avec le gouvernement local, il n’y a pas de raison qu’il apporte une assistance à la communauté lorsque la pompe arrête de fonctionner. L’ONG qui l’a installée est perçue comme étant responsable.
En concevant et en gérant des projets comme je le fais, je fais mon travail. J’ai des outils de suivi qui me permettent de voir combien de pompes on a installé et réparé avec les fonds disponibles. Si je reste dans le budget et que je fais ce que dit l’offre proposée au bailleur, j’ai fait ce que j’avais à faire.
Je n’ai pas besoin de faire le suivi de ce qui se passe après que mon projet soit fini, et je ne suis pas responsible si ou lorsque la pompe arrête de fonctionner. Pourquoi est-ce que je dirais au bailleur qu’une pompe ne marche plus ? Cela pourrait mettre en péril de futurs financements. Cela poserait également une question à laquelle personne n’est capable de répondre : qui est responsable de la réparation d’une pompe cassée?
Mon ONG est soutenue par Viva con Agua et nous avons la chance de pouvoir leur parler de manière ouverte de nos inquiétudes. Ensemble, nous avons décidé surmonter la peur de parler des échecs. C’est seulement en comprenant pourquoi les pompes cassent ou fournissent un service inadéquat que nous pourrons identifier et faire face à la vraie cause.
Nous savons que l’atteinte de l’ ODD6 – eau potable et assainissement pour tous d’ici à 2030 – requiert un meilleur suivi et une plus grande transparence des échecs et des succès une fois que les projets sont finis. Nous avons commence à inclure des fonds pour le suivi post-projet dans tous nos nouveaux projets financés par Viva. Nous avons également commencé un blog – Washaholics Anonymous – où vous pouvez partager vos échecs et vos succès en relation avec la durabilité des services. Après tout, la première étape dans pour trouver une solution, c’est d’admettre que vous avez un problème.»
Article:
For years we’ve been installing hand pumps all around the world, desperate to get clean water to people who don’t have it. In some ways, we have been successful; 1.6 billion people gained access for the first time between 2000 and 2015 [pdf].

But behind that statistic, the real picture looks like this: too many water and sanitation services in developing countries are still unreliable, sub-standard and need major repairs after three to five years.

My confession: my way of working is part of the problem.

I keep doing the same thing; I install a new pump or repair a broken one, and train the people that use it. I give them a formal name – “water-user committee” or something similar – and I expect them to manage the pump without any further support. Inevitably, the pump breaks down, but I keep repeating the same actions and hoping for a different outcome.

To be fair to myself and others in the profession, it does work sometimes; maybe the committee was led by a particularly strong and dynamic personality. We then get to put the project in a glossy report and tout it as a success story, off the back of which more funds can be raised.

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But most of the time the pump breaks down within a few years, by which time I’ll have moved on to another project in another country. Another NGO or another project manager will take over where I left off, and the cycle continues.

Each time we repeat the cycle, we believe optimistically our response will work. We falsely attribute the breakdown of a pump to poor government policies, corrupt local officials or weak management by the water-user committee.

So we put ourselves in opposition to the government, we ignore policies and we do not work with local government officials. We run our projects in parallel to theirs, and we do not link up to or support local government plans. When the project is finished, we hand over the management of the pump to the water-user committee and walk away. But we haven’t worked with the local government, so it has no incentive to support the local community when the pump breaks down. The NGO that installed it is seen as the one responsible.

By designing and managing projects the way I do, I am doing my job. I have project-monitoring tools to see how many pumps we installed and repaired with the funds available. If I stay within budget and do what it says in the proposal to the donor, I’ve done my bit.

I don’t need to report on what happens after my project ends, and I’m not accountable if or when the pump breaks down. Why would I want to report the breakdown of a pump to our donors? It could jeopardise future funding. It would also pose a question for which there is no clear answer: who is responsible for fixing the broken pump?

My NGO is supported by Viva con Agua and we are lucky to be able to speak to them openly about our concerns. Together, we decided to get over the fear of reporting failure; only by knowing why pumps break down or give a sub-standard service will we be able to identify and address the real cause.

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Yasmin Siddiqi
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We know that achieving SDG6 – clean water and sanitation for all by 2030 – will require monitoring, reporting and greater transparency about failures and success after projects are over. We have started to include funds for post-project monitoring in all our new projects that are funded by Viva. We also started a blog – Washaholics Anonymous – where you can report your failures and success stories about tackling the problem of sustainability. After all, the first step to finding a solution is admitting you have a problem.

Mots clefs:

coopération (DT) (OP) , projet (montage, gestion) (DT) (OP)

Editeur/Diffuseur:

The Guardian - London - Royaume Uni
    

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