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Eau Potable : «45 an apre lindepandans nou pei enkor pe rod dilo mem»



Mauvaise gestion, augmentation des tarifs et frustration des Mauriciens… 2013 semble être l’année des records en ce qui concerne la distribution d’eau.
article de presse Oct 2013 ; 1 pages
Ed. L'Express de Maurice - Baie du Tombeau
Téléchargeable chez l'éditeur
Article:
Des scandales, fraudes et des cas de corruption ont marqué la scène mauricienne en 2013, et cela est visible par l’immense place occupée dans les médias. Pourtant la population mauricienne – plus particulièrement les démunis – est confrontée quotidiennement à l’enjeu qui aurait dû être rapporté et dénoncé par les médias pour le bénéfice du peuple mauricien : l’accès à l’eau potable.

Mais ce qui explique les particularités de 2013, c’est que nos politiciens ne semblent pas être préoccupés par ce rattrapage nécessaire de pouvoir offrir dignement aux Mauriciens cette ressource précieuse qu’est l’eau potable, mais ils sont plutôt préoccupés à être instigateurs de cas de transfugisme, de corruption, de malversation, de fraude et j’en passe. Plus saisissant encore, certains journaux et médias sont plus friands du jeu des politiciens en rapportant en grande première leurs mésaventures d’alliances et à faire des prédictions politiques, que de dénoncer en ce millénaire que la population mauricienne ne reçoit pas équitablement et humainement l’eau potable.

Témoin du pire, 2013 aura été l’année des records pour cette ressource précieuse qu’est l’eau : records de mauvaise gestion, d’incompétence et d’augmentation des tarifs d’eau potable et de la frustration des Mauriciens !

Les trois sont interconnectés, évidemment. Mais ces phénomènes simultanés sont surtout le fruit de l’incompétence et de la négligence des gouvernements du passé et d’aujourd’hui. Les répercussions de cette insouciance historique sont aujourd’hui manifestes : l’augmentation des tarifs d’eau intervient après celle d’août 2002. La Central Water Authority (CWA), qui fait face à des difficultés d’opération et à l’incompétence, est confrontée aujourd’hui à la réparation et le remplacement de tuyaux à travers l’île, en raison de la négligence dans l’entretien de nos infrastructures en eau potable. L’organisme doit, en outre, s’acquitter auprès du gouvernement d’un prêt de Rs 630 millions et rembourser un grant de Rs 267 millions.

Cela est d’autant plus désolant de l’apprendre de la bouche de Navin Ramgoolam qui a fait un aveu de taille : «C’est un manque de planification au niveau de la CWA à toutes les étapes en commençant par l’administration de l’organisme, la gestion du personnel, et la gestion technique…» (Le Mauricien, 1er janvier 2012). Mais là où le ridicule est à son comble est que le même Navin Ramgoolam est venu nous dire que pour résoudre le problème d’eau à Maurice, il faut faire appel à l’étranger, voir l’expertise singapourienne et, comme à l’accoutumée, on attend toujours ce fameux rapport. Cela ressemble étrangement à l’autre fameux document, le «White paper» de la réforme électorale tant attendu – Navin Ramgoolam l’a promis en vain – qui devrait être publié prochainement.

Tous les gouvernements qui se sont succédé les uns après les autres ont échoué lamentablement sur ce dossier qu’est l’eau potable.
Alors où sont passés nos ingénieurs – administrateurs et experts en eau potable de la CWA / Wastewater Management Authority qui sont payés grassement avec l’argent des contribuables ? Faut-il vraiment des étrangers pour venir nous dire que l’administration de ces institutions est pourrie comme ce gouvernement qui improvise chaque jour pour gérer ce pays ?

RÉVISION COMPLÈTE
N’est-il pas possible de penser simplement qu’il faut une révision complète de nos infrastructures souterraines et aqueducs en les structurant de façon intelligente ? Cela afin de canaliser l’eau en période de grosses pluies vers des réservoirs en fibre de verre (non dispendieux) munis d’un système de filtrage et qui pourraient être localisés dans des endroits stratégiques afin de faciliter une distribution d’eau directement à la population au lieu de penser uniquement à des gros réservoirs ?

Est-ce si difficile de penser aux systèmes isotopiques régionaux des eaux souterraines pour bien situer les lieux abondants en eau souterraine et les canaliser adéquatement vers la population?

Depuis que Maurice a accédé à son indépendance, il y a 45 ans, nous sommes encore à parler de problème «dilo pena, rationman dilo, pe ankor sarye dilo dan touk» et paradoxalement, d’autres «pe cause Iphone 4, télévision HD, pou fer Maurice vinn enn pei modern» alors qu’on n’est pas capable de subvenir humainement aux besoins de nos citoyens en eau potable.

Je lance un appel à tous les Mauriciens, quelle que soit leur couleur politique, syndicalistes et d’autres organismes, à se mobiliser pour réclamer à la presse et les autres médias de faire entendre nos voix pour que cette année 2013 soit l’année de l’eau potable et que le gouvernement détermine un plan d’action pour résoudre ce fléau dans notre pays.

Mots clefs:

gestion - management (DT) (OP) , mode de gestion/gouvernance (DT) (OP)

Pays concerné:

Maurice (DT) (OP)

Editeur/Diffuseur:

L'Express de Maurice - Baie du Tombeau - Maurice
    

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