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Koom la viim. Enjeux socio-sanitaires de la quête de l'eau à Ouagadougou (Burkina Faso)


thèse Feb 2005
Aut. Stéphanie Dos Santos
Ed. Université de Montréal - Montréal
Téléchargeable sous format: PdF (5 400 ko)
Téléchargeable chez l'éditeur
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Résumé:
Avec moins de la moitié de la population urbaine du continent qui s’approvisionne à une source d’eau potable, les villes d’Afrique sont les plus mal loties au monde du point de vue de l’accès à l’eau. Compte tenu de la croissance urbaine prévue, le risque est de voir le fossé se creuser entre l’offre et la demande en eau potable. Deux risques sanitaires majeurs se posent : les quantités d’eau disponibles pour les ménages font défaut pour répondre aux besoins liés à l’hygiène et la qualité de l’eau consommée est douteuse. Or, si les maladies liées à l’eau ont largement été éliminées dans les pays riches, elles restent l’une des plus importantes causes de décès dans les pays du Sud, causant plus de cinq millions de décès par an dans les pays en développement, dont plus de 5 000 enfants de moins de cinq ans par jour. En outre, l’accès à l’eau est porteur d’équité sociale et principalement en termes de genre Cette thèse de doctorat vise à examiner comment les enjeux socio-sanitaires de l’accès à l’eau sont déterminés par des actions en amont des usages domestiques de l’eau mais également en aval de ceux-ci, à partir du cas de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

A première vue, Ouagadougou, fait figure de contre-exemple puisque 97 % des habitants déclarent une source d’eau potable. Cependant, si l’on dépasse la seule statistique du type d’approvisionnement, pour voir plus précisément les modalités de l’accès à l’eau, c’est-à-dire la distance ou le temps de collecte ainsi que le coût inhérent à l’achat de l’eau, des facteurs à l’iniquité qui se jouent dans les usages domestiques de l’eau sont alors nettement visibles. En ce qui concerne l’accès à l’eau courante, la capitale burkinabè enregistre l’un des plus faibles taux de raccordement des ménages de la sous-région. Or, il s’avère que ce type d’approvisionnement assure le maximum de sécurité sanitaire et est plus généralement porteur d’équité sociale dans l’accès à l’eau. En outre, cet accès à l’eau courante est très temporaire. Dans un contexte de stratégie de survie, le dilemme des choix place la priorité dans l’accès à la propriété qui se fait bien souvent dans des zones où le réseau d’adduction d’eau n’est pas parvenu. Une dernière analyse porte sur l’effet statistiquement controversé de l’accès à l’eau courante sur la survie des enfants. En effet, l’accès à l’eau courante est une condition nécessaire mais non suffisante pour répondre aux risques sanitaires liés à l’eau. En analysant les discours, on voit comment l’acquisition des normes biomédicales est inscrite dans un processus basé sur un temps plus ou moins long : les conceptions populaires des liens entre l’eau et la santé étant à l’opposé de la médecine scientifique. Pour conclure la thèse, la pertinence d’une reformulation des mesures statistiques de l’accès à l’eau pour une meilleure appréhension des enjeux socio-sanitaires est discutée.

Mots clefs:

accès à l'eau (DT) (OP) , rites et cultures (DT) (OP) , santé (DT) (OP) , urbain (DT) (OP)

Pays concerné:

Burkina Faso (DT) (OP)

Editeur/Diffuseur:

Université de Montréal - Montréal - Canada
    

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