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A Mexico, un Forum mondial pour l'eau


article de presse Mar 2006
Aut. Babette Stern
Ed. Libération - Paris
Téléchargeable chez l'éditeur
Article:
A l'image de la planète, la capitale mexicaine est mal approvisionnée en eau. Pendant une semaine, ONG, institutions internationales et représentants locaux vont essayer de trouver les moyens d'améliorer le sort du milliard de personnes qui n'a pas accès à l'eau potable.
Mexico, de notre correspondante
Après Marrakech, La Haye et Kyoto, c'est au tour de Mexico d'accueillir le 4ème Forum mondial de l'eau jeudi, et jusqu' au 22 mars. Il est peu probable que la capitale mexicaine ait obtenu l'organisation de cette manifestation, à laquelle sont attendus plus de 5000 participants, en raison de la bonne gestion de son eau. Depuis des années, la mégalopole se repose essentiellement sur la surexploitation des nappes phréatiques pour alimenter ses 22 millions d'habitants en eau, ce qui a provoqué de nombreux affaissements du sous-sol. Au cours du siècle dernier, Mexico s'est enfoncé de 10 mètres. Certains quartiers s'enfoncent de un mètre par an. Et l'eau ne coule pas pour autant dans tous les foyers. Loin de là. L'approvisionnement fait défaut, le recyclage des eaux usées est quasi-inexistant, l'absence d'entretien des canalisations fait que près de 50% de l'eau se perd dans le sous-sol. Et les «chilangos» (habitants de Mexico) «oublient» les trois quartq du temps de payer leur facture.
En fait, Mexico concentre, en une seule ville, l'ensemble des problèmes que vont aborder pendant sept jours représentants d'Etat et de collectivités locales, institutions internationales, experts, professionnels et ONG de 55 pays autour du thème «des actions locales pour un défi mondial». En toile de fond de cette réunion, l'engagement des pays membres des Nations Unies de réduire de moitié d'ici 2015 le nombre de personnes n'ayant pas accès à l'eau potable: plus d'un milliard sont dans ce cas à l'échelle planétaire.
Pour relever ce défi, l'une des pistes est la décentralisation qui donnerait aux collectivités locales une plus grande maîtrise de la gestion de leur eau. Elle peut se heurter parfois à des problèmes de calendrier: au Mexique par exemple, les maires sont élus pour un mandat de trois ans non renouvelable, une période trop courte pour qu'ils tirent un bénéfice d'installations réalisées sur le moyen terme. L'autre piste est le partenariat public privé (PPP), fortement conseillé par les institutions multilatérales comme la Banque mondiale, Les PPP permettent de compenser les restrictions budgétaires des Etats et met à la disposition des gouvernements et des collectivités locales l'expertise des entreprises spécialisées dans la gestion de l'eau. De nombreuses organisations non gouvernementales y voient une privatisation partielle des ressources en eau, et défendent, à l'instar de Danielle Mitterrand «que l'eau n'est pas une marchandise mais un bien public». Parallèlement à l'événement officiel, les ONG tiendront un forum alternatif, au cours duquel le Tribunal latinoaméricain de l'eau, instance indépendante sans réelle valeur juridique, examinera 13 cas situés en Amérique latine violant «le droit fondamental de tout individu à l'eau».
Selon les organisateurs du Forum, les Etats-Unis envoient la délégation la plus importante (391 participants). La délégation française, conduite par la ministre de l'environnement, Nelly Olin, compte 309 personnes parmi lesquelles de nombreux élus. Viennent ensuite le Japon (252), l'Inde (181), les Pays-Bas (175) et le Nigéria (151). Bien que le Forum est une dominante politique et non commerciale, les entreprises seront également présentes. Au premier rang desquelles le groupe Suez et Veolia.
Babette Stern.

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