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Analyse du service de l'eau potable et de l'assainissement pour les populations pauvres dans les villes de Côte d'Ivoire


rapport Apr 2000 ; 29 pages
Aut. Bernard Collignon & Régis Taisne & Jean Marie Sié Kouadio
Ed.
WSP - Washington WSP - West Africa - Dakar
Résumé:
La politique du secteur de l'approvisionnement en eau potable des villes de Côte d'Ivoire, délégué à la SODECI, est entre autres caractérisée par :
· Une péréquation des tarifs nationale, qui permet d'assurer le service de l'eau dans 544 localités de toute taille (les marges dégagées sur Abidjan et 6 autres localités compensent les déficit des 538 autres localités)· Une péréquation assez classique par tranche qui fait supporter aux plus gros consommateurs une partie de l'AEP des petits consommateurs et l'essentiel des investissements du secteur, tels les renouvellements, les renforcements et extensions des systèmes existant et l'équipement de nouveaux centres· Un objectif de desserte par branchements domiciliaires (peu de bornes-fontaines) promue par une subvention à 90% qui a permis de quasiment doubler le nombre d'abonnés en 10 ans, et permis d'atteindre un niveau de desserte parmi les plus importants de la sous-région.

Le schéma page suivante tente de visualiser la situation des ménages par rapport à l'accès aux raccordements. Ils ne peuvent ou ne souhaitent en effet consacrer plus d'une certaine part de leurs revenus pour se raccorder. Le montant des coûts de raccordement correspond donc à un "seuil d'acceptance": pour les familles ayant un revenu supérieur à ce seuil, le raccordement représente une dépense "acceptable", tandis qu'elle est prohibitive en deçà.
Dans les quartiers suffisamment équipés, les canalisations sont proches des habitations et le coût de raccordement est sensiblement égal au coût de branchement La subvention permet donc de le rendre accessible à la très grande majorité des familles. Certaines familles ne peuvent malgré tout faire face à la dépense initiale et/ou au payement des factures trimestrielles, et doivent recourir aux revendeurs.

Dans les quartiers pas ou sous-équipés, le coût de raccordement sont majorés du coût de la canalisation entre le compteur (en domaine public) et le domicile. Il peut représenter plusieurs centaines de milliers de CFA. Cela constitue indubitablement un obstacle important pour les populations à faibles revenus installés dans ces quartiers (le "seuil d'acceptance" beaucoup plus élevé dans ces quartiers). Seule une faible proportion des habitants peut donc investir dans un raccordement, qui servira souvent, par le biais de la revente, à assurer aux autres habitants un minimum d'eau potable.
En outre, ces extensions, réalisées sommairement, augmentent considérablement les fuites, d?où des frais d?entretien et surtout des factures très élevées (conduisant à des impayés et des résiliations).
Afin de mieux desservir les population à faibles revenus de ces quartiers, nous proposons notamment :
· La réalisation d'extension dans les quartiers sous équipés et irréguliers
· La promotion de la revente par un assouplissement des conditions d'agrément.

Ces deux actions, complémentaires, permettrons à la fois de rendre le raccordement accessible à une plus grande partie de la population de ces quartiers, et renforcer la concurrence entre les revendeurs, seul moyen de faire baisser les prix de l'eau pour les familles qui ne pourrons se raccorder. Le coût de ces extensions pourrait être financé par une diminution de l'enveloppe globale allouée à la subvention des branchements (limitation de la subvention dans les quartiers pas ou sous-équipés, réduction du montant de la subvention, mise en place de conditions d'obtentions plus contraignantes) au profit de ces travaux d'extension).

En matière d'assainissement domestique, l'essentiel des moyens sont consacrés aux réseaux collectifs auxquels ne sont raccordés qu'un tiers de la population d'Abidjan, et aucun dans les autres villes. Pourtant l'ensemble des abonnés à l'eau contribueront désormais au financement du secteur (faiblement pour les petits consommateurs et ceux qu ne sont pas raccordables). Nous proposons essentiellement d'étudier les besoins d'amélioration en matière d'assainissement autonome, y compris pour la vidange des fosses et l'aménagement de site de dépotage.

Publics-Cibles:

Acteurs de coopération , Ingénieur, concepteur , Socio-économiste

Mots clefs:

alimentation en eau saine (DT) (OP) , assainissement (DT) (OP) , branchement domiciliaire (DT) (OP) , financement (DT) (OP) , population à faible revenus (DT) (OP) , rural (DT) (OP) , voyage, découverte, aventure (DT) (OP)

Pays concerné:

Côte d'Ivoire (DT) (OP)

Editeur/Diffuseur:

Hydroconseil - Chateauneuf de Gadagne
    

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