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SDAGE et localisation - MOSIS avec la CACG 

Géolocalisation
Lieu: Nouakchott

[Nouakchott / Nouakchott] - Mauritanie ,
Lieu: Saint Louis
[Saint-Louis / Saint-Louis] - Sénégal

Dates: 2019 (En cours)

Partenaires
  AE Adour-Garonne Toulouse

  CACG Tarbes

  OMVS Dakar
  OMVS Nouakchott
  SOGED Nouakchott

Budget global:
86.400 €

Contexte:
1. Localisation du projet


Le projet porte sur la gestion de la ressource en eau du fleuve Sénégal où 4 milliards de m3 d’eau sont utilisés chaque année pour de multiples usages : agriculture irriguée, eau potable, eaux industrielles et minières.

On compte 248 000 ha de surfaces irriguées sur un potentiel de 375 000 ha.

Le bassin versant du fleuve Sénégal compte environ 5.65 Millions d’habitants, dont 85 % vivent à proximité du fleuve.

Le projet se situe plus précisément entre Saint-Louis et Bakel où plus de 90 % des usagers de différentes catégories se situent. Cette zone, qui est à cheval entre les trois pays (Mali, Mauritanie et Sénégal), abrite l’essentiel des aménagements hydro-agricoles.

La carte ci-dessous renseigne sur les limites du bassin versant du fleuve Sénégal, les principales villes, ainsi que les tuiles des images satellites prétraitées disponibles sur la zone.

2. Contexte hydrologique et institutionnel

D’une surface de plus de 345 000 km², le bassin versant du fleuve s’étend sur des écosystèmes très variés, avec un gradient pluviométrique important (150 mm/an au nord jusqu’à plus de 1650 mm/an au sud). Durant les 40 dernières années, la pluviométrie a fortement baissé (de 35% environ) et un contexte de sécheresse récurrente s’est progressivement mis en place.
Le régime du fleuve Sénégal est très irrégulier (9 m3 s-1 (mai) La vallée du fleuve Sénégal représente une source régionale d’eau de surface aux enjeux primordiaux, et ce surtout dans un contexte de changement et de variabilité climatique: adduction d’eau potable, autosuffisance alimentaire (agriculture, élevage et pêche), la production d’énergie hydroélectrique et l’équilibre des écosystèmes. Le fleuve Sénégal permet potentiellement l’irrigation d’environ 248 000 ha sur un potentiel de 375 000 ha de surfaces irrigables. En hivernage (juillet-décembre) et en contre saison chaude (février-juin), la principale culture demeure le riz et la canne à sucre. Par contre, en saison sèche froide (décembre-février), les cultures suivantes se développent : oignon, tomate, gombo, patate, maïs, sorgho, pastèque, arachide. L’eau du fleuve Sénégal est aussi un élément clé de la biodiversité du bassin où de nombreuses zones humides (Parcs nationaux de Djoud et Diawling), à caractère exceptionnel, se sont développées et constituent de véritables refuges d’espèces emblématiques de la faune (oiseaux migrateurs ou sédentaires, chimpanzés, lions, élands…) et de la flore (gonakiers, palétuviers des mangroves, sporobolus…).

L’étroite coopération des quatre pays limitrophes au sein de l’organisme interétatique OMVS (Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal) en 1972 a permis de gérer le partage et la qualité de cette ressource en eau de façon pacifique et équilibrée, vis-à-vis de la multiplicité de ces usages et de ces enjeux. La SOGED, une société de l’OMVS (Société de Gestion et d’exploitation de Diama) doit donc faire face à de nombreux défis autour de la gestion de l’eau du fleuve et l’approvisionnement en eau des usagers : facturation, recouvrement, suivi des cultures, suivi des surfaces en eau, suivi de l’évolution des plantes envahissantes, etc. Le premier défi opérationnel à relever a donc été le renforcement des mécanismes de gestion et de suivi de la facturation et du recouvrement de la redevance liée à l’irrigation et aux autres usages. Les revenus additionnels potentiels vont permettre à la SOGED d’avoir un modèle économique soutenable afin de continuer à gérer la ressource et entretenir le patrimoine du fleuve et de ses infrastructures, et de réduire, voire d’éteindre progressivement la subvention des Etats. Les factures de redevances étaient habituellement émises sur la base des déclarations des usagers et n’étaient pas toujours vérifiées. Depuis l’introduction de la géomatique dans le dispositif opérationnel de suivi-évaluation de la SOGED, la facturation repose sur une évaluation comparative (données de télédétection et déclarations des usagers). Cela sous-entend un défi technique tel que la capacité à suivre les usages et spécifiquement la riziculture irriguée. Dans ce contexte, les images satellitaires représentent une source de données pertinente et peu couteuse pour observer, évaluer et suivre les changements du territoire à la fois historiquement et en temps réel, et ainsi aider à sa gestion.
C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet MOSIS. Celui–ci consiste à suivre les emblavures dans les aménagements hydroagricoles de la mise en eau des parcelles à la récolte par l’extraction et l’exploitation à partir des images satellites des indices de présence d’eau (MNDWI) et du maximum de croissance végétative (NDVI). Les parcelles suivies correspondent à des attributions foncières officiellement effectuées ; de ce fait MOSIS va revêtir en définitive une base de données fiable sur le potentiel foncier et les auteurs concernés.
A noter que toutes les données d’opérationnalisation de la plate-forme MOSIS sont régulièrement confirmées et de consolidées par des missions de terrain.


Objectifs:
Au terme de l'opération, la SOGED dispose d'un outil opérationnel, lui permettant :

- d'identifier de nouveaux usagers,
- de poursuivre l'augmentation du niveau de facturation et de recouvrement de sa redevance auprès de ses usagers,
- d'être autonome quant à l'actualisation des données spatiales sur la plateforme, et l'export des formats standards en vue de procéder à la facturation

En outre, ce projet permettra de disposer d'indicateurs provenant de données spatiales, sur une zone qui s'étend de Saint-Louis à Bakel (Delta + Vallée du fleuve Sénégal).


Description de l'action:
Ce projet s’inscrit dans la continuité de la Phase 1 du projet MOSIS (Monitoring and survey of water integrated system), conduite en 2017 et 2018 par le consortium OMVS/SOGED-CACG-E2L, co-financé par l’agence de l’eau, dont la finalité était de déployer un outil basé sur l’exploitation de l’imagerie satellitaire en vue d’améliorer la gestion des ressources en eau du bassin fleuve Sénégal par l’organisation interétatique OMVS.

Cette action suit les orientations définies par le « Pacte de Paris sur l’eau et l’adaptation au changement climatique dans les bassins des fleuves, des lacs et des aquifères » dans le cadre de la COP21. Elle s’inscrit également dans le cadre de la convention de partenariat signée le 6 avril 2016 entre l’agence de l’eau Adour-Garonne et l’OMVS.

La Phase 1 a permis de construire une plateforme web de cartographie partagée, permettant d’évaluer les surfaces en riz irrigué de certains aménagements de plus de 200 ha (seuil des grands usagers) par télédétection (Sentinel 2) sur la zone du delta du fleuve Sénégal (zone de St Louis). L’utilisation de cet outil WEBGIS a montré beaucoup de valeurs ajoutées sur le terrain : meilleure identification des usagers et du foncier, augmentation des recettes de redevance, amélioration de la communication avec les usagers.

Il s’agit maintenant d’étendre la zone d’application du service à la vallée du fleuve Sénégal (jusqu’à Bakel) et procéder à des évolutions fonctionnelles de l’outil, afin de le rendre opérationnel pour la SOGED.

Cette 2ème Phase du projet, faisant l’objet de la présente demande d’aide, permettra en outre d’améliorer la visibilité du projet au prochain Forum Mondial de l’Eau, à Dakar, si celui-ci devait être retenu comme un des « 100 projets eau et climat » voulus pour l’Afrique à l’issue du « One Planet Summit » du 12 décembre 2017 à Paris.

Les résultats du prototype créé au cours de la Phase 1 sont donc prometteurs mais certaines tâches sont à poursuivre avant qu’il ne soit pleinement opérationnel, et font l’objet de la présente demande d’aide, tel que :

- Etendre la zone d’application du service dans la vallée du fleuve Sénégal jusqu’à Bakel afin d’avoir une vision plus globale et précise des usages de l’eau ;
- Aider à la certification de l’outil de manière juridique et réglementaire, à l’instar des compteurs d’eau pour les volumes prélevés en France ;
- Améliorer le design et l’évolution fonctionnelle du service afin d’améliorer la relation homme machine ;
- Transmettre l’outil pour que la SOGED puisse s’approprier le processus et utiliser la plateforme de façon autonome.

A noter que la CACG a également prévu d’évaluer la pertinence de suivre le développement du typha sur un chenal, à partir de la plateforme cartographique. Cette analyse pourrait ainsi mettre en évidence l’intérêt de la plateforme pour améliorer le suivi de l’hydraulicité des chenaux, et permettre ainsi une meilleure coordination de leur entretien.

Enfin, une sensibilisation du grand public français et africain sur les enjeux de la gestion de l’eau et des potentiels de l’usage de la télédétection pourrait être réalisée à Dakar, en 2021, lors du prochain forum mondial de l’eau, si le projet MOSIS pouvait être retenu et présenté dans le cadre de cet évènement international.


La gouvernance du projet

L’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS), organisme de bassin transfrontalier exemplaire en Afrique et dans le monde, rassemble autour de la gestion du fleuve Sénégal les 4 pays frontaliers suivants : la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. La Société de Gestion et d’Exploitation de Diama (SOGED) est une Société de Patrimoine de l’OMVS en charge de la gestion et l’exploitation du barrage de Diama, de ses ouvrages annexes et de l’approvisionnement en eau des usagers. Actuellement, la facturation de redevances sur les prélèvements d’eau du fleuve Sénégal permettent à la SOGED d’entretenir le barrage de Diama et les ouvrages connexes (digues, routes, prises d’eau, etc.).

L’OMVS, la SOGED et la CACG ont ainsi récemment signé des protocoles d’accord pour, entre autres, développer l’usage de données satellitaires pour améliorer la gestion de l’eau à Saint-Louis et plus largement dans le bassin du fleuve Sénégal.

Le projet MOSIS est porté et piloté par la CACG, en partenariat avec la société E2L, toutes deux investies dans des projets associant activités économiques et transitions d’intérêt général (eau, agriculture, politique alimentaire dans un contexte de changement climatique). Leur stratégie commune a pour originalité de ne pas considérer la SOGED et l’OMVS comme des clients mais plutôt comme des co-concepteurs des services et des prescripteurs du déploiement partenarial de nouvelles initiatives.

Dans le cadre de cette Phase 2 du projet MOSIS, le rôle de chaque partenaire sera le suivant :

- La CACG va consolider la partie télédétection liée aux traitements des images satellitaires de l’outil MOSIS, puis étendre la zone d’étude jusqu’à Bakel et réaliser l’étude en vue de la certification de l’outil,
- E2L a pour mission d’assister la SOGED dans la formulation de son besoin (design de service) et d’améliorer la plateforme cartographique, et ce, afin de rendre la SOGED autonome sur cet outil,
- La SOGED apporte les données de terrain nécessaire à la certification des données satellitaires et réalise le retour d’expérience sur l’utilisation de l’outil afin de le rendre le plus opérationnel possible.

Classement:
Sous-secteur d’intervention: gestion de la ressource en eau
Milieu d’intervention: péri-urbain , petits centres , rural , urbain
Activité principale du projet: études , renforcement des capacités
Contexte d’intervention: centre de santé , école , usage domestique
Mode de gestion: gestion: opérateur national


Types de financement:

Agences de l'eau , International (autre UE) , Fonds privés (fondations, f. d'entreprise)
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