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Coopération technique dans le domaine de la GIRE, entre CUBA et la FRANCE-Phase2 

Géolocalisation
Lieu: La Habana

- Cuba

Dates: 2019 (En cours)

Partenaires
  AE Adour-Garonne Toulouse

  INRH La Habana

  ODE Fort de France

  OIEau Paris

Budget global:
215.100 €

Contexte:
1. Contexte et localisation du projet
La gestion environnementale des ressources en eau a été identifiée comme l’un des 3 axes prioritaires de coopération entre Cuba et la France. Dans ce cadre, un programme de coopération a été initié pour soutenir les efforts visant à moderniser la gestion des ressources en eau dans le pays, à partir d'un bassin pilote.

L'hydrographie de Cuba est très spécifique. La ligne de crête, ligne de partage centrale et longitudinale, amène à la formation de petits bassins, de petits fleuves côtiers : 85% des cours d'eau ont une longueur inférieure à 40 km et une zone de chalandise de moins de 200 km2. 642 bassins d'eau de surface du pays sont en interaction avec plus de 100 grandes masses d'eau souterraines. 11 de ces bassins ont été classés «bassin d'intérêt national».

En particulier, deux bassins hydrographiques (eaux superficielles) et deux masses d'eau souterraines assurent l'approvisionnement en eau des habitants de La Havane. Mais ces ressources sont fortement impactées par la mauvaise gestion des rejets, des rivières et des barrages, ainsi que par les multiples contaminations qui en découlent. Près de 60 ans après le début de l’embargo imposé par les États-Unis à Cuba (7 février 1962), l’absence de matériel de rechange et les difficultés d’entretien ont conduit au vieillissement accéléré des ouvrages d’assainissement et des réseaux de distribution d’eau potable. Cette dégradation a entraîné une pollution des nappes phréatiques, principales sources d’approvisionnement en eau potable des 3 millions d’habitants de la province de La Havane. Ainsi, les fuites sur les réseaux d’eau potable sont estimées à environ 50%. En outre, le manque de vision intégrée des organismes de gestion ne permet pas de faire face à ces difficultés.

Parallèlement, le changement climatique pose des problèmes de sécheresse et une diminution de la pluviométrie. Le Sud-est est la région la plus sèche avec 400 mm d'eau par an. Cuba possède actuellement 240 retenues et 800 micro-retenues pour une capacité totale d'environ 9 000 millions de m3. La montée des eaux des Caraïbes pose également des problèmes des nappes phréatiques en zone côtière et des phénomènes d'intrusion saline.

Outre la problématique des fuites dans les réseaux, il existe d'importants gaspillages, liés à une absence de conscience des enjeux et à une tarification inadaptée au contexte de raréfaction de la ressource. La consommation avoisine les 800 l / jour / personne à La Havane. Les tarifs ont longtemps été de 1 peso / personne / mois (1US$ environ). Pour les étrangers, il existe une tarification progressive incitant à la réduction de la consommation. Une évolution de la tarification par secteur est en cours avec l’approbation de la tarification par le gouvernement cubain en février 2019. Est notamment attendue pour début 2020 l’augmentation du tarif de l’eau pour l’industrie, les services, puis le secteur public et la population. Pour mémoire, la consommation de l'eau se répartit globalement de la façon suivante : agriculture 65%, usages domestique 25 % et industrie 10%. Cette réforme est stratégique mais complexe à mettre en œuvre.

L'assainissement de la baie de la Havane est une priorité en raison de son importance pour le tourisme. Il a été relevé plus de 100 points de contamination dans cette zone (60% de la pollution de la baie provient des eaux usées de la ville). A ce sujet, une partie de la baie doit être classée en parc naturel. A noter qu’il s’agit d’un grand port industriel (principale raffinerie du pays), et d’un abri anti-cyclonique pour les navires militaires. L’Institut National des Ressources Hydriques (INRH) affiche une volonté forte de mettre en place une planification consolidée à l’échelle de ces bassins et masses d’eau.

Dans ce contexte, le projet prévoit de poursuivre le travail amorcé lors de la Phase 1 sur le bassin pilote « Almendares-Vento », qui est un des bassins hydrographiques alimentant La Havane. Il pourrait également être envisagé d’étendre ce travail sur un autre bassin pilote du pays, au regard des nécessités voire urgences d'adaptation au changement climatique.


Description de l'action:
Ce projet de coopération institutionnelle entre l’Office International de l’Eau (OIEau) et l’Institut National des ressources Hydriques (INRH) de Cuba s’inscrit dans la continuité des actions réalisées lors de la Phase 1 du projet de coopération technique pour la mise en œuvre de la GIRE à Cuba.
L’objet du présent projet (Phase 2) est d’approfondir les thèmes abordés lors de la Phase 1, ciblés comme prioritaires par les partenaires cubains, sur les sujets d’articulations interinstitutionnelle, de planification intégrée et de gouvernance des ressources en eau.
A noter qu’en raison des similitudes de contexte géoclimatique avec l’île de la Martinique, le projet prévoit un travail croisé avec ce territoire, dont des missions sur place.

Le projet consiste à approfondir les thèmes appréhendés lors de la Phase 1, ciblés comme prioritaires par l’INRH, à savoir :
. Fournir un appui technique pour la mise en œuvre du Système d’Information sur l’Eau et de l’Observatoire du bassin Almendares-Vento,
. Établir une gouvernance qui facilite l’élaboration participative du « Schéma Hydraulique et d’Aménagement du bassin Almendares-Vento », permettant son application avec le soutien de la population,
. Développer des échanges scientifiques sur la détermination des indicateurs biologiques de qualité des eaux et milieux aquatiques,
. Projeter une ou plusieurs stations de traitement des eaux usées, suburbaines et industrielles (agroalimentaire), selon le dispositif développé en Martinique.

L’INRH et l’OIEau s’engagent à nommer un responsable technique pour chacun de ces thèmes.

Classement:
Sous-secteur d’intervention: gestion de la ressource en eau
Milieu d’intervention: petits centres
Activité principale du projet: études , renforcement des capacités
Contexte d’intervention: centre de santé , école , usage domestique
Mode de gestion: gestion: opérateur national


Types de financement:

Collectivités loi Oudin , Agences de l'eau , Associations
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