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Renforcement du secteur de l'eau et du secteur agricole au Liban 

Géolocalisation
Lieu: Zahle

- Liban

Dates: 2017 : 60 mois

Partenaires
  Acacia Water Gouda
  Ambassade des Pays-Bas Beirut
  AUB Beirut
  BWE Zahlé
  LARI Zahle
  Office National du Litani Beirut
  Wageningen University & Research Wageningen
  World Waternet Amsterdam

Budget global:
5.000.000 €

Contexte:
Le Liban doit faire fasse à une pression accrue sur ses ressources due à la croissance démographique, au changement climatique et à l’afflux de personnes déplacées fuyant la crise syrienne.

En 2000, la loi sur l’eau a créé quatre Etablissement Régionaux des Eaux au Liban. Ils sont en charge des services d’eau potable, d’assainissement et d’irrigation. Ces Etablissements, dont les ressources financières sont insuffisantes, font régulièrement face à des difficultés pour répondre aux demandes supplémentaires. Les municipalités et les communautés doivent parfois organiser leur propre système d’alimentation en eau et la collecte, le traitement et/ ou l’évacuation des eaux usées. L’Etablissement des Eaux de la Bekaa (EEB) intervient dans la plaine de la Bekaa où se concentrent une partie importante des personnes ayant fui la crise syrienne. L’EEB fait face à des défis majeurs dus au délabrement des réseaux d’eau, d’assainissement et des infrastructures d’irrigation (composante 1).

L’alimentation eu eau potable et en irrigation de la Bekaa et du Sud Liban vient en grande partie du Litani. Cette rivière, la plus longue du Liban, constitue également une importante source pour l’hydroélectricité. Le Litani se jette dans le lac de Qaraoun qui est fortement pollué par les ordures municipales, les eaux usées et une utilisation excessive de pesticides et de fertilisant dans l’agriculture. Il souffre également de la surexploitation des eaux souterraines du fait de l’existence de nombreux forages illégaux dans le bassin (composante 2).

Si sur l’année le Liban possède un excédent d’eau il connait également des épisodes de pénurie. La demande en eau augmente à la saison sèche alors que les précipitations sont plus abondantes durant l’hiver. Précédemment, les chutes de neige et la fonte permettaient d’avoir des recharges en eau étalées sur l’année. Le changement climatique s’est accompagné d’une évolution du schéma des précipitations annuelles. On observe des pluies plus importantes au détriment des chutes de neige ce qui accroit le ruissellement. Les infrastructures ne permettent pas de répondre à la demande en eau. Des réservoirs souterrains et de surface sont nécessaires pour assurer la disponibilité de la ressource en eau. Il faut identifier les capacités pour des recharges (souterraines) en eau au sein du très complexe environnement géologique libanais. D’importantes parties du pays sont constituées par du calcaire karstique impacté par les failles et fractures sismiques. Le stockage de l’eau dans ce calcaire karstique est difficile à réaliser du fait de la fracturation de la roche et de l’existence de canaux d’eau par lesquels l’eau peut s’écouler très rapidement à travers les différentes couches (composante 3).

Le secteur agricole libanais est le plus gros consommateur en eau du pays (60-70% des l’ensemble des ressources en eau renouvelables). Le secteur va devoir répondre à la demande croissante en eau de la société tout en anticipant l’impact du changement climatique. Dans les régions montagneuses la production agricole est essentielle et de nombreuses terres ont été abandonnées ou sont sérieusement dégradées. Cette agriculture constitue également un héritage culturel et joue un rôle important pour la conservation de l’eau et des sols ainsi que le contrôle de l’érosion. Depuis les années 1960, des investissements ont été consentis dans le cadre du Plan Vert afin de faciliter les récupérations de terres abandonnées (composante 4).

Dans l’ensemble des pays en situation de stress hydrique les productions agricoles passent de production à faible valeur ajoutées à des productions à fortes valeurs (horticulture et légumes). Les serres jouent un rôle important dans ce processus car elles permettent le contrôle des facteurs de production et l’usage efficient de la terre et des ressources en eau. Bien que la production sous serre ait significativement augmenté au Liban, des progrès peuvent être réalisés pour la contribution au développement économique et social du pays et pour générer des opportunités d’emplois pour la population libanaise et les réfugiés (composante 5).

Description de l'action:
I- Création d’un partenariat sur l’eau avec l’Etablissement des Eaux de la Bekaa

Activités :
- Analyse du cadre institutionnel et appui à sa redéfinition afin d’améliorer la gestion de l’eau et de l’assainissement en renforçant également la coopération avec les Municipalités.
- Support technique pour une meilleure utilisation des infrastructures d’eau et des investissements à venir ;
- Support à l’activité économique de l’EEB, développement d’un système administratif et financier pour les branchements domiciliaires ;
- Mise en place d’un structure tarifaire permettant de couvrir les coûts du service- étude et recommandations concernant la tarification et plaidoyer auprès du gouvernement pour l’évolution du système de tarification.

Résultats :
- Amélioration des services offerts par l’EEB ;
- Augmenter l’acceptation à payer ;
- Augmentation de la production d’eau potable ;
- Diminution des pertes techniques ;
- Augmentation des revenus perçus sur la tarification ;
- Mise en œuvre de campagnes de sensibilisation sur l’assainissement ;
- Mise en œuvre d’un concept de tarification plus durable accepté par le plus grand nombre et validé par les institutions ;
- Création d’une équipe en charge des services d’assainissement ;
- Consolider l’image et la réputation de l’EEB auprès des acteurs (y compris les municipalités) et des donneurs.

II- Installation de stations de surveillance de la qualité de l’eau sur le Litani et de dispositifs ultra-soniques de contrôle des algues

Activités :
- Installation des équipements et des logiciels pour la surveillance des algues et les contrôles ultra-soniques sur le lac Qaraoun ;
- Information automatique en temps réel sur la qualité de l’eau par la station de surveillance du Litani ;
- Création d’une base de données ;
- Intégration d’un système de données au sein du système de gestion des données de l’ONL ;
- Formation sur la gestion des données ;
- Formation du personnel du laboratoire pour améliorer la qualité de l’analyse des résultats ;
- Formation du personnel sur la maintenance et la surveillance des équipements ;
- Mise en place d’activités pour limiter les causes de pollution.

Résultats :
- Installation de dispositifs ultra-soniques de contrôle des algues et de station de surveillance des algues sur le lac de Qaraoun et sur le Litani ;
- Améliorer les résultats de la surveillance et l’utilisation des données ;
- Formuler des actions pour limiter les causes de pollution ;
- Information en temps réel par les stations de surveillance du Litani, avec le soutien financier de la Banque Mondiale ;
- Suivi continu de paramètres de la qualité de l’eau sur le lac de Qaraoun
- Présentation de séries de données sur des périodes spécifiques ;
- Personnel formé sur l’analyse qualitative, l’interprétation des données portant sur la qualité de l’eau et sur la maintenance et le contrôle des stations.

III- Cartographie des capacités de stockage à petite échelle, recharge artificielle et projets pilote

Activités :
- Construction d’une base de données SIG avec des données géologiques, hydrogéologiques, biologiques, métrologiques et socio-économiques ;
- Analyse du contexte local ;
- Enquêtes socio-économiques afin d’obtenir une vision claire de la demande en eau, de la demande moyenne par utilisateur en relation avec la capacité du système de recharge de l’aquifère et la volonté d’utiliser ce système de gestion. ;
- Identification d’un site pour le projet pilote après enquête géologique et hydrogéologique ;
- Conception du prototype, réalisation d’un appel d’offre et construction ;
- Exploitation du prototype et surveillance afin d’en mesurer l’impact ;
- Partage de ces résultats à l’échelle nationale ;
- Cartographie nationale des capacités de stockage du Liban grâce à une analyse SIG basée sur les données disponibles ;
- Analyse théorique de la possibilité de mettre en place des systèmes de recharge de l’aquifère (MAR) dans les sols karstiques.

Résultats :
En 2019, les résultats des tests MAR sur les formations sédimentaires au Liban seront finalisés. Les résultats seront présentés sous forme de carte afin de pouvoir répliquer l’expérience à l’échelle nationale. Les données SIG seront utilisées pour connaitre les potentiels des MAR. Pour les réserves karstiques, une étude détaillera les possibilités existantes. Ces résultats présenteront l’impact de ces recharges différées, l’utilisation de l’eau et les recharges dans les couches karstiques. Cela constituera un apport essentiel car la côte libanaise offre compte de nombreux espaces où ces résultats pourraient être utilisés.

IV- Innovation pour la sécurisation des investissements dans les récupérations des terres et les réservoirs d’eau

Activités :
- Sélection des communautés agricoles
- Etudes sur les ressources (ressources d’eau locales, relations avec le système régional, impact environnemental et impact sur le changement climatique) ;
- Analyse de la chaîne de commercialisation
- Mise en place de techniques d’économie d’eau et de contrôle au sein des fermes ;
- Mise en place d’un système de conseils en irrigation adapté (utilisation d’un système de surveillance des données et des outils et applications météorologiques existants) ;
- Modélisation de l’évolution de la production suite à l’introduction de la nouvelle gestion de l’eau afin de procéder à des vérifications et améliorations ;
- Formation des formateurs du programme
- Diffusion des résultats auprès des exploitations libanaises et des acteurs du développement agricole (ONG, Ministères, Etablissements des Eaux, etc.) ;
- Développement d’outils d’information et de guides sur les bonnes pratiques agricoles ;
- Etudes des critères de durabilité des prêts et subventions ;
- Capitalisation/ publication des résultats ;
- Développement d’une stratégie de reproduction et d’amélioration de l’expérience.

Résultats :
- Accroitre la sécurisation de la ressource en eau (aboutissant à de plus grandes surfaces cultivées et à l’augmentation de la production de cultures à forte valeur ajoutée) ;
- Améliorer la productivité de l’eau (aboutissant à une production agricole plus élevée par unité d’eau consommée) ;
- Améliorer la gestion de l’eau à l’échelle des exploitations (irrigation et surveillance des équipements, pratiques d’irrigation adaptées, diminution de la consommation en eau) ;
- Amélioration des pratiques agricoles (diminution de l’impact environnemental comme l’érosion et l’impact des produits chimiques).

V- Construction de serres adaptées au contexte libanais

Activités :
- Etude du secteur horticole/ analyse de la chaine de commercialisation ;
- Développement de plans économiques de développement pour les serres ;
- Conception et construction de serres adaptées pour la démonstration ;
- Conception et développement de systèmes de culture ;
- Formation du personnel de la serre de démonstration ;
- Supervision ;
- Diffusion de la technologie et des résultats auprès du secteur horticole libanais et des autres acteurs du développement agricole (ONG, Ministères) ;
- Capitalisation/ publication des résultats.

Résultats :
- Serres de démonstration équipées et fonctionnelles ;
- Personnel formé sur les techniques de serres et sur l’hydroponique ;
- Présentation de nouvelles techniques discutée avec les acteurs du secteur ;
- Projets de collaboration horticole entre LARI, des horticulteurs privés et des conseillers ;
- Amélioration de la productivité de l’eau (traduite par de meilleures récoltes et revenus par unité d’eau consommée) ;
- Diminution de l’utilisation des produits chimiques.

VI- Mise à disposition d’une expertise néerlandaise sur l’eau et l’agriculture

Un pôle d’expertise a été constitué afin de répondre rapidement à des demandes d’expertise formulées par des institutions et des organisations actives dans le secteur de l’eau et de l’agriculture.
Cette expertise est mobilisable par les organisations libanaises et internationales travaillant à l’amélioration du secteur de l’eau et de l’agriculture au Liban et qui souhaiteraient, en ayant recours à l’expertise néerlandaise, renforcer l’impact de leurs activités. Elle se traduit par des interventions limitées, requérant un temps de travail n’excédant pas deux mois et ne générant pas d’investissement conséquents.
Cette expertise ne peut se substituer à une expertise déjà disponible sur au Liban, ou sur le marché.

Classement:
Sous-secteur d’intervention: assainissement , gestion de la ressource en eau
Activité principale du projet: infrastructure/équipement , renforcement des capacités


Types de financement:

Etat
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